Global Africa Tech 2026: Les piliers de l’intégration numérique du continent mis en lumière

Les piliers de l’intégration numérique du continent sont mis en lumière lors du Global Africa Tech 2026qui clôturera demain lundi à Alger.

L’intégration numérique de l’Afrique fait, dimanche, l’objet d’un atelier organisé dans le cadre du sommet africain des télécommunications. Ainsi, les panelistes ont mis l’accent sur la nécessité d’accéder la réalisation de corridors numériques, pour une meilleure interconnexion du continent. Ils soulignent également l’harmonisation des cadres réglementaires relatifs à la politique des données et à l’écosystème numérique des différents pays, tout en appelant au renforcement de la connectivité via le satellite.

À ce titre, le président de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE), Mohamed El Hadi Hannachi, est revenu sur les missions du régulateur algérien. «Une des missions de l’Autorité c’est de coopérer avec les instances et les institutions, aussi bien nationales qu’internationales», précise-t-il. Dans ce sillage, il indique que le socle des projets de dorsale et de corridor sera d’intensifier la coopération et les échanges entre les autres régulateurs, pour assurer homogénéité et coordination. Ensuite, il s’agira de réfléchir, poursuit-il, «aux voies et moyens pour assurer l’interopérabilité des systèmes et des plateformes, de manière à ce qu’on puisse les harmoniser, tout en respectant les caractéristiques et les différences de chaque pays».

L’Algérie dispose d’un réseau de backbone robuste

Hannachi fait part, à cette occasion, de l’étendue du réseau en matière de backbone national. «C’est un réseau qui est très robuste et qui permet de diriger l’Algérie en tant que hub, et qui peut assurer des échanges sécurisés, volumineux avec les pays voisins», affirme-t-il. Sur l’alignement des politiques des données des différents pays, le responsable considère que la gouvernance des données doit être mutualisée. «Assurer des échanges suppose un partage de données et de la data. Ceci aussi suppose une gouvernance des données et leur sécurisation en termes d’hébergement. Si on ne va pas vers cette mutualisation, on ne pourra pas échanger les données et les services», soutient-il.

De ce fait, il estime que «nous n’avons d’autre choix que d’aller vers une harmonisation dans ce domaine». Et pour accélérer le processus, il est question, dit-il, de la construction de data centers dont les données seront mutualisées. «L’Algérie, en matière d’hébergement, est très avancée, surtout avec la mise en place du data center gouvernemental. Elle dispose de capacités à l’international qui peuvent servir les pays limitrophes et permettre l’échange de données et d’harmoniser la gouvernance des données», rappelle-t-il.

Selon lui, l’Afrique ne peut prétendre à une intégration numérique dans le cadre de la zone de libre échange continentale africaine (ZLECAf) ou des objectifs de l’agenda 2063 de l’Union africaine sans mettre en place les socles nécessaires. En ce sens, l’intervenant estime que les réticences manifestées, à titre légitime, pourraient être dissipées en mettant en place un cadre de coordination rassurant toutes les parties prenantes quant au respect de leur souveraineté.

Un déploiement d’infrastructures à moindre

Dans le même ordre d’idées, le président de l’ARPCE relève que le financement de ce type de projet (data center et corridor numérique), est un autre aspect crucial. «Les instances africaines pourraient, en plus des efforts des pouvoirs publics, mettre en place des outils de financement qui sont partagés entre les pays comme il est d’usage dans d’autres continents», plaide-t-il.

De son côté, Youcef Aïssaoui, cadre à Algérie Télécom, évoque les efforts du groupe public des télécommunications en termes de réalisation de backbone fibre optique. Selon lui, l’enjeu pour Algérie Télécom est de construire un réseau backbone robuste, sécurisé et évolutif, capable de soutenir la transformation numérique nationale tout en s’intégrant dans une dynamique corridor numérique africaine interconnectée.

«Le déploiement d’un backbone fibre optique le long des corridors stratégiques en Afrique doit répondre à un triple objectif: réduire les coûts, garantir la continuité de service et anticiper la croissance des usagers. «Nous privilégions la co-localisation des infrastructures avec les réseaux existants, réseau routier, voie ferrée, lignes électriques. Cette approche permet de réduire fortement les coûts liés au génie civil tout en facilitant l’accès pour l’exploitation et la maintenance», explique-t-il.

Développer des points d’échange locaux et régionaux

«Pour ce faire, nous concevons des architectures en maillage complet (full mesh), ce que nous préconisons fortement. Sinon, au minimum, nous aurons à mettre en place des infrastructures en ring, c’est-à-dire en anneau». Par ailleurs, il est stratégique de développer des points d’échange locaux et régionaux. Car cette option permettra de diminuer coûts liés au transit international. Il est question, cite Aïssaoui, de la protection physique des infrastructures qui comprend l’enfouissement renforcé, la sécurisation des sites critiques sur certains axes sensibles, en plus de l’utilisation de solutions de détection d’intrusions sur FIB pour l’anticiper.

«Nous mettons en place des plans de continuité, des équipes d’intervention rapide, voire en temps réel, pour rétablir toute coupure susceptible de surgir sur le continent. Mais au-delà de la partie technique, la réussite repose sur la coordination», soutient-il. Cela implique, précise-t-il, une collaboration étroite avec les autorités de transport d’énergie pour le partage des infrastructures, les ports de hubs logistiques pour sécuriser les points d’entrée stratégiques et les régulateurs pour harmoniser les cadres, détaille.

Dans ce sillage, Aïssaoui souligne qu’au niveau transfrontalier, le développement des corridors numériques en Afrique doit s’appuyer sur une approche intégrant mutualisation des infrastructures, résilience technique et coopération régionale. «Cette combinaison permettra d’assurer une connectivité fiable, sécurisée et économiquement soutenable à l’échelle du continent», conclut-il.

A. Mehdid

 

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